Fabulă tristalină
29/07/2011 § 10 comentarii
„Regardant, un jour, un tapis d’Orient, à reflets, et, suivant les lueurs argentées qui couraient sur la trame de la laine, jaune aladin et violet prune, il s’était dit : il serait bon de placer sur ce tapis quelque chose qui remuât et dont le ton foncé aiguisât la vivacité de ces teintes. Possédé par cette idée il avait vagué, au hasard des rues, était arrivé au Palais-Royal, et devant la vitrine de Chevet s’était frappé le front : une énorme tortue était là, dans un bassin. Il l’avait achetée: puis, une fois abandonnée sur le tapis, il s’était assis devant elle et il l’avait longuement contemplée, en clignant de l’oeil. Décidément la couleur tête-de-nègre, le ton de Sienne crue de cette carapace salissait les reflets du tapis sans les activer ; les lueurs dominantes de l’argent étincelaient maintenant à peine, rampant avec les tons froids du zinc écorché, sur les bords de ce test dur et terne. Il se rongea les ongles, cherchant les moyens de concilier ces mésalliances, d’empêcher le divorce résolu de ces tons, il découvrit enfin que sa première idée, consistant à vouloir attiser les feux de l’étoffe par le balancement d’un objet sombre mis dessus était fausse en somme, ce tapis était encore trop voyant, trop pétulant, trop neuf. Les couleurs ne s’étaient pas suffisamment émoussées et amoindries ; il s’agissait de renverser la proposition, d’amortir les tons, de les éteindre par le contraste d’un objet éclatant, écrasant tout autour de lui, jetant de la lumière d’or sur de l’argent pâle.
Ainsi posée, la question devenait plus facile à résoudre. Il se détermina, en conséquence, à faire glacer d’or la cuirasse de sa tortue. Une fois rapportée de chez le praticien qui la prit en pension, la bête fulgura comme un soleil, rayonna sur le tapis dont les teintes repoussées fléchirent, avec des irradiations de pavois wisigoth aux squames imbriquées par un artiste d’un goût barbare; puis il pensa que ce gigantesque bijou n’était qu’ébauché, qu’il ne serait vraiment complet qu’après qu’il aurait été incrusté de pierres rares.
Le choix des pierres l’arrêta ; le diamant est devenu singulièrement commun depuis que tous les commerçants en portent au petit doigt ; les émeraudes et les rubis de l’Orient sont moins avilis, lancent de rutilantes flammes, mais ils rappellent par trop ces yeux verts et rouges de certains omnibus qui arborent des fanaux de ces deux couleurs, le long des tempes ; quant aux topazes brûlées ou crues, ce sont des pierres à bon marché, chères à la petite bourgeoisie qui veut serrer des écrins dans une armoire à glace ; d’un autre côté, bien que l’Eglise ait conservé à l’améthyste un caractère sacerdotal, tout à la fois onctueux et grave, cette pierre s’est, elle aussi, galvaudée aux oreilles sanguines et aux mains tubuleuses des bouchères qui veulent, pour un prix modique, se parer de vrais et pesants bijoux ; seul, parmi ces pierres, le saphir a gardé des feux inviolés par la sottise industrielle et pécuniaire. Ses étincelles grésillant sur une eau limpide et froide, ont, en quelque sorte, garanti de toute souillure sa noblesse discrète et hautaine. Malheureusement, aux lumières, ses flammes fraîches ne crépitent plus ; l’eau bleue rentre en elle-même, semble s’endormir pour ne se réveiller, en pétillant, qu’au point du jour.
Il composa ainsi le bouquet de ses fleurs: les feuilles furent serties de pierreries d’un vert accentué et précis: de chrysobéryls vert asperge; de péridots vert poireau; d’olivines vert olive et elles se détachèrent de branches en almadine et en ouwarovite d’un rouge violacé, jetant des paillettes d’un éclat sec de même que ces micas de tartre qui luisent dans l’intérieur des futailles. Pour les fleurs, isolées de la tige, éloignées du pied de la gerbe, il usa de la cendre bleue; mais il repoussa formellement cette turquoise orientale qui se met en broches et en bagues et qui fait, avec la banale perle et l’odieux corail, les délices du menu peuple; il choisit exclusivement des turquoises de l’Occident, des pierres qui ne sont, à proprement parler, qu’un ivoire fossile imprégné de substances cuivreuses et dont le bleu céladon est engorgé, opaque, sulfureux, comme jauni de bile. Cela fait, il pouvait maintenant enchâsser les pétales de ses fleurs épanouies au milieu du bouquet, de ses fleurs les plus voisines, les plus rapprochées du tronc, avec des minéraux transparents, aux lueurs vitreuses et morbides, aux jets fiévreux et aigres. Il les composa uniquement d’yeux de chat de Ceylan, de cymophanes et de saphirines. Ces trois pierres dardaient en effet, des scintillements mystérieux et pervers, douloureusement arrachés du fond glacé de leur eau trouble. L’oeil de chat d’un gris verdâtre, strié de veines concentriques qui paraissent remuer, se déplacer à tout moment, selon les dispositions de la lumière. La cymophane avec des moires azurées courant sur la teinte laiteuse qui flotte à l’intérieur. La saphirine qui allume des feux bleuâtres de phosphore sur un fond de chocolat, brun sourd. Le lapidaire prenait note à mesure des endroits où devaient être incrustées les pierres. Et la bordure de la carapace? Il avait d’abord songé à quelques opales et à quelques hydrophanes; mais ces pierres intéressantes par l’hésitation de leurs couleurs, par le doute de leurs flammes, sont par trop insoumises et infidèles ; l’opale a une sensibilité toute rhumatismale; le jeu de ses rayons s’altère suivant l’humidité, la chaleur ou le froid; quant à l’hydrophane elle ne brûle que dans l’eau et ne consent à allumer sa braise grise qu’alors qu’on la mouille. Il se décida enfin pour des minéraux dont les reflets devaient s’alterner: pour l’hyacinthe de Compostelle, rouge acajou ; l’aigue marine, vert glauque; le rubis-balais, rose vinaigre; le rubis de Sudermanie, ardoise pâle. Leurs faibles chatoiements suffisaient à éclairer les ténèbres de l’écaille et laissaient sa valeur à la floraison des pierreries qu’ils entouraient d’une mince guirlande de feux vagues. Il regardait maintenant, blottie en un coin de sa salle à manger, la tortue qui rutilait dans la pénombre. Il se sentit parfaitement heureux; ses yeux se grisaient à ces resplendissements de corolles en flammes sur un fond d’or; puis, contrairement à son habitude, il avait appétit et il trempait ses rôties enduites d’un extraordinaire beurre dans une tasse de thé, un impeccable mélange de Si-a-Fayoune, de Mo-you-tann, et de Khansky, des thés jaunes, venus de Chine en Russie par d’exceptionnelles caravanes. Il buvait ce parfum liquide dans ces porcelaines de la Chine, dites coquilles d’oeufs, tant elles sont diaphanes et légères et, de même qu’il n’admettait que ces adorables tasses, il ne se servait également, en fait de couverts, que d’authentique vermeil, un peu dédoré, alors que l’argent apparaît un tantinet, sous la couche fatiguée de l’or et lui donne ainsi une teinte d’une douceur ancienne, toute épuisée, toute moribonde. Après qu’il eut bu sa dernière gorgée, il rentra dans son cabinet et fit apporter par le domestique la tortue qui s’obstinait à ne pas bouger.
Elle ne bougeait toujours point, il la palpa – elle était morte. Sans doute habituée à une existence sédentaire, à une humble vie passée sous sa pauvre carapace, elle n’avait pu supporter le luxe éblouissant qu’on lui imposait, la rutilante chape dont on l’avait vêtue, les pierreries dont on lui avait pavé le dos, comme un ciboire”. (J-K. Huysmans – À rebours)
Dedicaţie pt. Beausergent, găsitorul titlului; poate la un moment dat o va traduce ;)
şi
29/07/2011 § Lasă un comentariu
a început să-mi crească în cap un aspirator de frunze, ceva ca o trompă cu urechi de elefant şi corp de meduză, ceva ca o caracatiţă tricotată, ceva ca o hotă, ca un tobogan, ca o iguană, ca o pastilă de carbid, ca o nişă în stomac, ca o prăpastie căptuşită cu ferigă, ca o gură de balaur, ca o marerece, ca un ciorap desculţ, ca o cutie de ceai ruginit, ca un rechin foarte fin şi foarte exact, ca un expres, ca un tunel rapid, ca un burlan pluvial. şi-arunc în el tot ce nu-mi trebuie şi nu mai am timp să triez, moare de foame câteodată şi inventez lucruri care nu-mi trebuie ca să-i dau de mâncare sacului fără lup, nu pot să lipsesc, nu mă lasă să îl îndop şi să îl îndes pentru că mult prea repede înghite şi mult prea repede orice mâncare dispare, dispar şi eu, ce inevitabil, dispar în propriul meu cap, trist, da’ noroc că n-apuc să-mi cânt prohodul pentru că-mi înghite şi pomenirea, mestecând sobor după sobor şi-apoi sobol după sobol, ştiţi voi, toate astea, vermine şi vermude, mi-a crescut în cap un rozător, talaş, rumeguş, pilitură, şpan, movile, muşuroaie, scurmă. şi-ai zice că nu se opreşte, că până nu râşneşte tot, nu se lasă. şi când toate sunt în halul ăsta, toate – nu numai eu, când nu mai aud decât huruitul şi industria lui avidă şi fierătaniile lui de dinţi şi clefăielile lui de mucilagiu carnivor, sub mine se strecoară o insulă, mă ridică, mă ţine şi înoată; se ridică sub mine întâmplarea ţestoasă, se desprinde balonul cu aer cald şi nacela se strecoară sub abis ca un liman care vine spre om şi se înfoaie de jur împrejur. atât. restu-l ţin pentru mine.
X
28/07/2011 § 9 comentarii
Nu m-am supărat pe lebăda care s-a repezit cu ciocu-n barcă şi a înclinat-o până s-a umplut de apă, nu m-am supărat nici când a lovit c-o aripă de s-a fracturat ditai rama de răşină epoxidică, lebăda e la ea acasă, eu cu răşina mea epoxidică îi tai casa în felii, felii, eu culeg chihlimbarul din lacul ei, eu cu mâna mea crescătoare şi descrescătoare îi umplu picioarele de mâl, tulburând suprafaţa plană, băgând-o în spaţiu, înecând. Şi nesupărându-mă trag de mine la mal şi mă împing spre iarbă, prefăcându-mă că-s după melcii albi, dar melcii albi au fost striviţi de mult, şi inerţial culeg ce e la îndemână, strâng în pumn, ar trebui să aibă lumină dar nu, îi strâng ca pe alice şi îi las să mişte din genele de pe burtă, am încredere-n ei că n-o să mă lase să-i omor, că în mine, nu, şi merg şi merg şi trec foarte multe zile, multe-multe, între timp mănânc, dorm, mă uit la filme, îmi schimb măsurile, apoi cândva desfac pumnul şi mă uit şi, la fel, nu au lumină deloc; şi-i duc înapoi, cel puţin le caut alt întuneric şi intru în pânza mare şi neagră, e gol e gol i-atât de negru şi gol, e gol ca o catedrală, ca un crater, ca un coridor, şi-i las acolo pe jos. şi când dau să plec, totul se schimbă, atât de mult încât uit repede tot, se schimbă altfel decât mi-aş putea lipi de memorie, pe mătasea neagră de tot apare-ntr-un fel de parcă se uită la mine, şi se uită anume ca să îl văd. e mare şi atâta pot să zic, nu-mi vine nimic în minte pentru că nu vreau să-mi vină pentru că nu vreau să fiu cât el, e imens. şi răspândeşte cea mai artificială lumină, atât de artificială încât nu poate fi descompusă şi dacă n-am chef şi dacă nu vreau şi uite dacă iar n-am chef nu-i spun în niciun fel, pentru că nu stă el într-un cuvânt sau într-un grad de comparaţie sau într-un joc optic, fiind, aşa cum am spus: imens. şi când mă uit la tot întunericul din jur, pentru că, iată, pot, când mă uit la întuneric, în creierii lui apare el, în creierii inimii lui, cu lumina cea mai artificială şi mai frumoasă, atât de frumoasă încât mi-aş dori să fiu electrician, unul care să se închine, care să se-ngrozească, care să ducă mâna la gură şi să cadă-n genunchi şi să fie găsit mort a doua zi, lovit de trăznet să se spună, atât de frumoasă încât terifiantă până-n măduva oaselor, ca îngheţarea îngheţărilor îngheţărilor. aşa că n-aveam cum să mă supăr pe lebădă.
fdjfgdfsf
25/07/2011 § 12 comentarii
Ce m-am supărat şi ce m-am întristat şi m-am răsucit şi am stat în cap o vreme, până am uitat să merg şi apoi m-am întors iar pe picioare şi-mi tremurau ca nişte tije goale şi când s-au umplut şi s-au întărit m-am aruncat iar în cap şi iar m-am lovit şi apoi iar am sărit că voiam să stau numai la extreme şi când una devenea prea obişnuită trebuia dată peste cap şi cum mi s-a împrăştiat în gură pernuţa de şampon cu extract de om şi culoarea verzuie mi s-a împrăştiat şi cum am înghiţit găluşca de şampon cu extract de şopârlă, mie-mi plac şopârlele mult de tot, dar cum am simţit miriadele de parabeni şi laurili răspândindu-se prin ţesuturi în timp ce-mi dădeau lacrimile, şi ele cu gust de şampon cu extract de mierlă şi cum, nemairăbdând, mi-am smuls o mână şi-am dat cu ea de pământ şi-am început să sar pe ea, că eu când mă supăr rău trebuie să sar pe ceva şi apoi am adormit cu capul pe ea şi când m-am trezi nu mai era a mea şi m-am dus repede să mă uit în oglindă şi oglinda nu mai era la locul ei şi mi-am cojit de pe faţă două dungi de autostradă sărată şi mi-am pus o compresă cu gheaţă peste osul rămas dezvelit şi osul a îngheţat şi s-a făcut translucid şi prin pereţii lui am văzut un lemn scrijelit şi mi-am dat seama că tre’ să mă sparg în bucăţi ca să-l scot de-acolo şi să-l citesc şi n-am vrut şi am început să mă legăn şi să mă învârt până n-am mai văzut decât dunguliţe, fine, de autostrăduţe, fine, de autoalei, şi cum pleoapele de sus le plesneau pe cele de jos şi cum încercau să se omoare unele pe altele nemaiavând destul loc şi vrând să respire şi cum odată am respirat atât de usturător trăgând din aer ca dintr-un cutremur şi pisându-l în mine mărunt, umplându-l de laurili şi parabeni şi cum miile de animalele interne s-au răsucit în miile de crose de hingheri şi cum – în fine – ce rost mai are – m-au durut. Adică atâta încât am scos colţii la ele sau la ei şi m-am uitat fix şi atâta, cu colţii rânjiţi, că de ce tocmai eu, adică de ce să mă doară tocmai pe mine, dcdcdc, că oricum era prea târziu aşa că le-am lăsat, le-am lăsat, daţi, daţi; şi ele sau ei au rămas exact ca mine, cu colţii rînjiţi şi ochii fixaţi şi atât şi de pe colţi le curgeau lacrimi şi şi le ştergeau cu mâneca şi o luau de la capăt cu muşcatul şi cu statul când în picioare când în cap şi cu respiratul o singură dată pe an.
Puf de plop
23/07/2011 § 4 comentarii
Povestea care se termină înainte să înceapă îşi dă ultima suflare în broderiile care se hotărăsc să plece de pe pânză, în aţele care se desfac şi o iau la fugă, lăsând în urma lor împunsăturile de ac prin care răsar rubinele de dulceaţă, scoţând capul ca prin pielea unei clătite pentru a privi fulgii de plop şi pânzele de păianjen responsabile cu mătuirea. Ne aflam la acest sfârşit, când antocianina pune degetul pe buzele vinovatului, lăsând câte un mic punct deasupra i-urilor ascunse.
Ne aflăm la sfârşit, prin urmare toate semnele exclamării sunt lăsate la scurs, cu capul în jos, pentru ca mirarea să rămână la suprafaţă, iar trupul să se desprindă de la sine de ea şi să se prăbuşească şi să se facă ţăndări. Şi întorcându-ne într-o piruetă fulger, propulsaţi de şocul glicemic pe care fructoza îl împlântă în aer cu precizie chirurgicală, ne învârtim pe unicul picior cu asemenea forţă încât din jurul sfârşitului povestea e împinsă spre margini iar centrifuga eliberează atâta spaţiu încât putem privi în sus, spre cel mai roşu apus, pentru ca apoi să-l vedem cum se înmoaie şi se răceşte şi se transformă în dimineaţă, în întrecâine şi întrelup, şi cum ţârâie greieroii electrici şi cum fulgeră grindina-n sus, cerând de mâncare din guriţele ei de vulcani geroşi, primind pe săturate întuneric şi aer. E atât de târziu încât mai e puţin şi vor începe să circule farurile de interior iar scărpinatul pisicilor de la capătul celălalt al lumii va putea fi auzit fără amplificatoare. După răcoare îţi poţi da seama că lemnul care intră în componenţa fiecărui os e verde, atâta de verde încât.




